Les Acadiens
Table des matières
Les Acadiens
un peu d'histoire
C'est en 1603 que 4 navires accostent une fois de plus, sur le "Nouveau Monde".L'expédition est montée par un ami de Henri IV, Pierre Du GUA de MONTS, gouverneur de Pons, qui emmène avec lui Samuel CHAMPLAIN, navigateur et géographe de Brouage. De nombreux volontaires, soldats, ménages de laboureurs et artisans les accompagnent dans leur aventure. 120 colons s'installent dans une baie qu'ils nomment "Port Mouton" et 77 guidés par Du Gua et Champlain, contournent le pays et après un hiver très rude, 44 survivants construisent Port-Royal. D'autres arrivages ont lieu renforçant l'implantation des colons français dans cette Acadie naissante. Elle ne commencera vraiment d'exister en tant que colonie française qu'à partir de 1632-1636.
En 1608, Du Gua et Champlain avides de découvertes vont plus au nord au fond de l'estuaire du St Laurent et fondent QUEBEC pensant créer un passage direct vers la Chine ( rêve de tout explorateur du moment ).Comprenant l'importance de l'implantation française en Acadie et au Canada, RICHELIEU, désigne comme gouverneur de cette Nouvelle terre, son cousin, Isaac de RAZILLY, né au château des Eaux-Melles dans le nord de la Vienne. Accompagné de Charles de MENOU d'AULNAY, son second et compatriote, et de très nombreux jeunes ménages du Haut Poitou de la Touraine et de l'Anjou, il va mettre en place ce nouveau pays, au nom de la France.
La réussite de l'implantation française en Amérique, se répand en Europe, allume les convoitises et les rixes entre la France et l'Angleterre qui revendique l'Acadie en 1613. ( essor de cette colonie française, jalousie des colons anglais, rivalités dans la pêche et le commerce.) Les deux nations rivales animées de la même ambition dominatrice, vont créer un climat de troubles sur ce territoire d'Amérique du Nord. Épisodiquement nos "cousins"sont assaillis par les troupes anglaises, leurs village et bétail brûlés, leur familles agressées. Cette nouvelle terre sera l'enjeu des guerres livrées entre les deux pays et changera plusieurs fois, même à leur insu, de souverain : 1632 à 1654 roi de France, 1654 à 1667 roi d'Angleterre, 1667 à 1713 roi de France, et deviendra définitivement Anglaise en 1713 ( traité d' Utrecht ).
le fameux traité d'Utrecht
Malgré tout, nos Acadiens, bons cultivateurs, bons artisans, bons gestionnaires, continuent leur vie paisible et prospère. Dans leur lointain isolement ils agrandissent leurs domaines et leurs villages, à la demande et au gré de la poussée démographique. Accueillants, ils deviennent amis des indiens qu'ils convertissent, même sous l'occupation anglaise.
Mais, par le fameux traité d'Utrecht, l'Acadie devient anglaise et doit se conformer aux lois de leur nouveaux souverains. ( Nos parents pour leur malheur ne voudront pas se soumettre ni abandonner leur confiance dans le roi de France ni dans leur religion catholique). La Paix revenait en Europe, mais c'est l'Enfer qui allait déferler sur nos cousins. Devant les dures manoeuvres militaires, la hargne des milices des colons anglais, et l'abandon de la France, les Acadiens résistent et refusent de signer le serment d'Allégeance, préférant rester Français Neutres. Trompés, malmenés par l'Angleterre, trahis par la France ils s'opposent et ne cèderont jamais poussant l'Angleterre à commettre le pire.
1755 C'est l'année TERRIBLE: Le 28 Juillet, un Grand Conseil tenu à Hallifax prend la grave et redoutée décision: Tous les habitants de la "NOUVELLE ECOSSE" ( il n'est plus question d'Acadie ) d'origine Française seront arrêtés et déportés vers les colonies anglaises.
Afin de tirer un trait définitif sur l'existence de cette gênante colonie, les troupes anglaises aidées des milices coloniales, brûlent les villages Acadiens, les fermes, les récoltes; les biens sont confisqués, les troupeaux égorgés, ou emmenés, les fugitifs pourchassés et parfois les ménages séparés. Et ceci dans tout le pays !! 15000 personnes, issues de pionniers du sud de Loire qui avaient fondé cette "Nouvelle France" 120 ans plus tôt, se retrouvent sans biens, dépouillés, dispersés vers un avenir incertain, dans les colonies anglaises d'Amérique, pour un exil douloureux.
Mais, comprenant le sort qui leur est destiné certains vont heureusement réagir, et, fuyant devant l'avancée des colonnes infernales, trouvent des solutions provisoires: 2000 réussissent à joindre le Canada ( encore français pour le moment ), 2000 autres la Louisiane ( française également ). 2500 ont aussi rejoint la France par l'intermédiaire de St Pierre et Miquelon ( îles françaises ). Sur les 1500 au départ 1266 arrivèrent sur les côtes anglaises comme prisonniers ( 8 ans plus tard, seulement 866 rejoindront la France ).
ET LES AUTRES ? Que sont devenus ces enfants, leur parents, et grand-parents ?
Nous sommes en 1758; c'est la capitulation de Louisbourg, la fin de l'Acadie puis de Québec ( 1759 ) et enfin celle de Montréal ( 1760 ). Notons la quasi absence de troupes françaises bien occupées en métropole. 1763 fin de la guerre de sept ans et Traité de Paris, par lequel nous abandonnons nos 60000 habitants du Canada qui devient anglais.
Au recensement de 1772
Revenons en France et préoccupons nous de nos cousins qui ont réussi à trouver refuge dans les ports de Bretagne et de la côte atlantique.
Au recensement de 1772, 16 ans après leur arrivée, 2566 Acadiens sont enregistrés en France et touchent une pension journalière de 6 sols attendant d'être reclassés.
Par cette somme substantielle, l'état prouve qu'il compatit au désarroi de ces réfugiés, mais aussi qu'il est incapable de résoudre ce problème d'intégration. Il faut dire qu'a cette époque la France n'est pas au mieux de sa réussite économique, bien au contraire ! Le chômage est important dans tous les domaines, la Révolution n'est pas loin.
Pourtant leur bonne réputation d'exploitants agricoles est connue et de nombreuses propositions d'implantation affluent de toutes parts mais seront bien souvent repoussées, car trop intéressées. Citons quelques exemples: Amboise, l'île de Boin, Combourg, le Bordelais, la Normandie, l'Alsace, le limousin, et la Corse. Un projet faillit prendre forme à Belle Ile en Mer, mais le pays très peu fertile, découragea les 400 volontaires qui revinrent sur les côtes bretonnes.
Toujours pas de solutions et arrivés en France depuis 1758, nos cousins s'inquiètent et envisagent même d'émigrer en Louisiane où leurs vrais parents donnent de bonnes nouvelles . Ils assimilent mal les lois et règles françaises; ils sont même quelques fois jalousés, voir escroqués. Chez eux, ils ne connaissaient pas de limites, pas de barrières, et pratiquaient les joies du bonheur dans un bon esprit de famille. Tout cela les abandonnait et ils remettaient en cause les bonnes promesses de la mère Patrie. Pour l'Administration il fallait cette fois-ci faire vite.
En juillet 1772, le Conseil du Roi se réunit et décide d'installer la totalité des rapatriés sur un seul établissement à créer de toute pièce. On choisit le marquis " de PERUSSE des CARS " pour créer ce projet qui sera financé par l'Etat. C'est un homme très dynamique et averti, très connaisseur dans le domaine de l'agronomie. L'établissement est prévu dans le Poitou, à l'est de Châtellerault sur les communes de La Puye, Archigny et St Pierre de Maillé, sur une immense étendue de terres incultes envahies de brandes et de genêts.
En 1773 les Acadiens arrivent par mer et terre, et voie fluviale à Châtellerault où ils sont logés. Il faut donc défricher, créer 150 fermes ( 1 pour 10 personnes ), les aménager, ouvrir des routes et mettre en culture. Tâche importante !!!
Elle s'exécute avec enthousiasme au départ, mais va rencontrer divers obstacles au fur et à mesure de l'avancement des travaux. Transportons nous à cette époque pour mieux comprendre les événements.
Le projet prévoit de donner des terres
Le projet prévoit de donner des terres, (propriété de seigneurs ou clergé, dont les limites sont mal connues ) grevées de servitudes datant de la féodalité. Cela déclenche des imbroglios juridiques qui retardent l'écriture des actes de propriété à établir au nom des Acadiens Ceux là commencent d'ailleurs à douter et craignent d'être dupes de belles promesses ( ils en ont l'habitude depuis 20 ans).
De plus, une bonne partie d'entre eux n'ont jamais travaillé la terre; ils sont marins, pêcheurs, pas habitués au durs travaux des champs, et aussi ils sortent d'une longue période d'oisiveté qui ne les a guère encouragé. Un vent de contradiction se répand sur l'établissement et une grande majorité veut quitter les lieux. Mieux, des nouvelles arrivent de l'Amérique suite à la révolte des colonies Américaines où la République s'installe. Une grande partie veut rejoindre la famille de Louisiane.
Devant leur insistance Turgot donne son accord au grand dam du marquis de Pérusse et de l'intendant Blossac qui les accusent d'ingratitude. Fin 1775 et début 1776, 1360 exilés quittent Châtellerault pour Nantes. Ils attendent encore 10 ans pour repartir vers l'Amérique (1785) comme leurs ancêtres 150 ans plus tôt à la redécouverte du Nouveau-Monde, vers cette chère Louisiane devenue maintenant espagnole, avant la Révolution française et au lendemain de la Révolution américaine.
Il reste donc eu Poitou 25 familles soit 183 personnes pour 58 maisons construites en plusieurs hameaux que l'on appellera " La Ligne Acadienne ". L'installation est donc simplifiée et sera tout bénéfice pour ceux qui sont restés.
Puis c'est la Révolution et en 1793, chaque famille reçoit en toute propriété, sans redevances quelconques une ou plusieurs fermes (bâtiment, terre et bétail). Cette petite colonie débarrassée de tout souci, peut donc goutter le bonheur être enfin chez elle, reclassement qui était prévu pour beaucoup plus d'élus. Par les commerces et les mariages avec les habitants du cru, elle se fondra dans la communauté locale.
Afin que se perpétue le souvenir de l'Histoire dans l'Histoire, un musée a été établi dans une des fermes de la Ligne au hameau des " Huit-Maisons". Il renferme de nombreux documents, plans et cartes, relatifs à la généalogie et l'Epopée de ce Peuple toujours vivant et actif.
Le plateau couvert de genêts et de brandes à l'arrivée en 1775 des rapatriés d'Acadie, est depuis longtemps défriché et cultivé, et pratiquement toutes les constructions existent toujours, remaniées, consolidées, et répertoriées.
source : www.angles-gite.com
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